Le piano oriental

Dans sa nouvelle bande dessinée, sortie le 2 septembre chez Casterman, la dessinatrice franco-libanaise Zeina Abirached rend hommage à son arrière-grand-père, l'inventeur du piano oriental, un piano "bilingue" capable de jouer de la musique à l’occidentale (demi-ton par demi-ton) et à l’orientale (quart de ton par quart de ton). En parallèle de la vie de ce musicien passionné, la jeune femme, arrivée en France il y a 10 ans et qui a grandi à cheval entre l’arabe et le français, déroule son rapport à son pays d’origine. Un récit-miroir sur le thème de la double-culture, dans lequel elle glisse des apartés sur les différences entre le français et le libanais, sur la double nationalité et l’apprentissage des langues.
"Dans ce livre, j'explore mon rapport avec mes langues maternelles."

La double culture

« Voilà l'un des passages autobiographiques de l’ouvrage, sur fond noir. J’essaie d’y raconter comment j’ai vécu le passage d’une langue à l’autre, en arrivant en France à l’âge de 23 ans. J’ai dû faire un tri mental : il me fallait uniquement parler français, alors qu’au Liban je mêlais presque inconsciemment l’arabe et le français, selon mes interlocuteurs et ce que j’avais à dire. J’explore ici quelques différences — même si des linguistes auraient fait ça bien mieux que moi ! Au début, je ne souhaitais pas me dessiner, ou parler à la première personne du singulier. Je ne voulais raconter que l’histoire d’Abdallah. Mais, au fil de la réalisation du récit, j’ai ressenti l’envie d'expliquer, en parallèle, mon rapport à ces langues. Et puis j’ai réalisé qu’il s’agissait en fait d’un même propos, autour du bilinguisme et du son, et j’ai tissé des liens entre les deux. »

Tisser des liens entre les langues

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