Visite d’étude de décideurs ukrainiens

Dans le cadre de la coopération éducative bilatérale entre la France et l’Ukraine, le département langue française du centre international d’études pédagogiques a accueilli du 7 au 11 octobre 2013, 16 décideurs de l’enseignement bilingue francophone en Ukraine. À l’heure où le ministère de l’éducation ukrainien souhaite développer la scolarisation des élèves ukrainiens dans des cursus intégrant un enseignement de type EMILE, cette visite avait pour but d’accompagner une réflexion sur les spécificités d’un enseignement-apprentissage bilingue afin de mieux cerner les enjeux à la fois institutionnels, organisationnels et pédagogiques qui en découlent pour les établissements scolaires.

Un réseau d’écoles spécialisées en langue française

L’Ukraine dispose actuellement d’un réseau d’une dizaine d’établissements spécialisés dans l’enseignement du français, dont 7 accueillent aujourd’hui des sections dites « européennes » ou « bilingues », c’est-à-dire proposant l’apprentissage d’une ou de deux discipline(s) non linguistique(s) en français (DNL). Ces sections scolarisent au total près de 2200 élèves, alors qu’on dénombre environ 195 000 apprenants de français en Ukraine (5% des apprenants de langues vivantes étrangères) dans les écoles, collèges et lycées, hors sections bilingues. Les DNL existent notamment dans le champ des sciences humaines (histoire et géographie), mais également en mathématiques et en sciences (physique, chimie, biologie) ainsi qu’en informatique. Ces sections sont officiellement reconnues et soutenues depuis 2009 par les autorités éducatives ukrainiennes.

Le développement des cursus EMILE

Le ministère de l’éducation ukrainien souhaite s’appuyer sur ce réseau d’écoles spécialisées, en le consolidant puis en l’élargissant progressivement, pour développer les cursus intégrant un enseignement de type EMILE en langue française. La visite d’étude organisée au CIEP constituait donc un moment de rencontre et de réflexion privilégié en vue des décisions qui seront prises pour atteindre cet objectif. Trois priorités se dessinent pour les deux années qui viennent : la nécessité d’amorcer d’abord une réflexion sur les programmes et d’élaborer de nouveaux curriculums pour les DNL concernées. La volonté ensuite de renforcer la formation (initiale et continue) des équipes pédagogiques et de concevoir, en les mutualisant, des outils et des ressources intégrant des méthodes mieux adaptées à un enseignement disciplinaire en langue étrangère.

La création prochaine d’une association regroupant, à l’échelle de l’Ukraine, les chefs d’établissements et adjoints des écoles à sections européennes et bilingues pourrait constituer la première pierre du projet amorcé, et qui sera conduit avec le soutien du SCAC de l’Ambassade de France à Kiev.

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