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Les sections bilingues

Les dispositifs d’enseignement bilingue ne sont pas récents : certains Etats où des situations présentent un profil linguistique particulier (bilinguisme frontalier, langue(s) régionales(s) encore vivace(s), installation durable, pour des raisons historiques, de fortes communautés allophones, etc.) les ont développés depuis des décennies.

Dans les années 1980, l’expérience positive d’enseignement en immersion linguistique menée au Québec éveille l’intérêt à l’égard de ce type de dispositif et suscite recherches et expériences. Variable selon les contextes, la mise en contact avec le français peut être précoce ou tardive, totale ou partielle, selon la proportion du programme enseigné en langue cible. On désigne couramment cette stratégie d’enseignement sous l’acronyme EMILE (Enseignement d’une matière intégrée à une langue étrangère).

Au cours des années 1990, on perçoit mieux combien cette stratégie met en œuvre une méthodologie innovante dont l’intérêt dépasse celui d’un pur et simple apprentissage des langues : grâce à une approche conjuguée des principes qui, dans les deux cultures mises en contact, sous-tendent la DNL, l’enseignement de type EMILE favoriserait chez l’apprenant, outre l’acquisition d’une meilleure compétence linguistique, celle d’une meilleure maîtrise des concepts et des stratégies propres à la DNL ; il lui permettrait, plus généralement, de consolider l’ensemble de ses capacités cognitives.

Aussi, les établissements où sont installés ces parcours innovants deviennent-ils, quand ils ne le sont pas déjà, des pôles de réussite. Dans le pays partenaire, ils induisent souvent un renouveau de l’enseignement du français. Les élèves issus de ce type d’établissements parviennent, la plupart du temps, à une très bonne maîtrise de la langue et de la culture françaises, ces établissements constituant un véritable deuxième cercle après les lycées à programmes français.

C’est pour ces motifs que le département de la coopération culturelles et du français du ministère français des Affaires étrangères et européennes favorise l’extension progressive de ce dispositif en Europe et dans le monde.

Lors du colloque international de Valbonne (1998), un premier état des lieux des sections bilingues francophones en Europe est dressé. En 2001, se tiennent, au Centre international d’études pédagogiques (CIEP), les Rencontres internationales des sections bilingues francophones. A cette occasion est créée, pour les usagers de ces sections, une lettre d’information en ligne réalisée par le CIEP, le Billet du bilingue.

Les Rencontres de l’enseignement bilingue francophone en Europe (Prague, novembre 2005) permettent de constater que l’amélioration de la visibilité des dispositifs bilingues francophones pour les familles, les décideurs politiques, las autorités éducatives, les universités et le monde professionnel requiert notamment : la valorisation des compétences spacifiques acquises par les élèves en termes de certification en fin de parcours, l’intégration nécessaire des dispositifs bilingues aux systèmes nationaux, la reconnaissance de la spécificité du travail des enseignants des sections bilingues.

Se pose enfin la question de savoir comment mutualiser davantage les ressources et les savoir-faire. Ce site tentera d’y répondre dans la continuité du travail effectué ces dernières-années dans le cadre de la rédaction du Billet du bilingue.