Outils et ressources

Le fil du bilingue vous présente des outils permettant de comprendre et de s’approprier la méthodologie propre au cours d’histoire, aidant à identifier des situations et des tâches relatives à cette discipline ainsi que des formes de discours spécifiques à mettre en œuvre et à faire acquérir aux élèves. Vous trouverez également dans ces pages de nombreuses ressources documentaires en ligne, multi-supports, à exploiter en classe.
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Plateforme "Le français de l’histoire"

Ce site a été réalisé par une équipe pluridisciplinaire italo-française, avec le soutien de l’Institut français d’Italie. Il s’adresse aux enseignants pour les inviter à  "jouer le jeu de la DNL", autrement dit à adopter une nouvelle démarche didactique, fondée sur une approche socio-interactionniste et plurilingue de l’acquisition de la langue.

L’Enseignement d’une matière par l'intégration d’une langue étrangère (EMILE) s’appuie en effet sur l’idée que le travail en et par deux langues permet d’enrichir les compétences disciplinaires : la langue est un outil de médiation permettant de conceptualiser les savoirs. Cette perspective incite l’enseignant à enrichir les compétences discursives et lexicales des élèves en développant leur langue cognitive-académique (CALP). Dès lors, les outils proposés par la plateforme "Le français de l’histoire" s’avèrent utiles pour s’approprier la méthodologie propre au cours d’histoire, identifier des situations et des tâches relatives à cette discipline ainsi que des formes de discours spécifiques, scénarios pédagogiques à l’appui.

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Compétences linguistiques pour enseigner et apprendre l’histoire

L’Enseignement d’une matière par l’intégration d’une langue étrangère (EMILE) demande aux enseignants de prendre en considération la dimension discursive et linguistique de la construction des connaissances disciplinaires. Pour accompagner cette démarche, le Conseil de l’Europe a élaboré en 2010 un document qui inventorie les activités relatives à la langue à privilégier en classe d’histoire et les éléments à systématiser pour développer chez les élèves la maîtrise des formes de discours et de communication spécifiques à cette discipline.

Les points de référence proposés par cet outil, rédigé par Jean-Claude Beacco, seront utiles tant aux enseignants d’histoire qu’aux personnes chargées de définir des programmes d’enseignement dans cette matière scolaire.

 

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La multiperspectivité dans l’enseignement de l’histoire

Ce manuel publié par le Conseil de l’Europe guide les équipes pédagogiques vers un enseignement de l’histoire invitant les élèves à l’analyse, à l’interprétation et à la synthétisation de faits à partir de sources variées, et les incite également à interroger le travail de l’historien et les influences culturelles qui orientent son regard et son analyse. En effet, comme le souligne l’avant-propos de ce document, "les historiens et les autres personnes qui cherchent à reconstituer le passé sont limités par l’éventail des sources auxquelles ils ont accès, […] interprètent et utilisent de manière différente les mêmes documents, dont ils retiennent certains aspects sur lesquels ils mettent l’accent. Cela signifie, en d’autres termes, que la plupart, voire la totalité des phénomènes historiques peuvent être interprétés et reconstitués selon de multiples perspectives".

Apprendre à croiser les points de vue et faire dialoguer les cultures en classe d’histoire, c’est permettre ainsi aux élèves de mieux comprendre et d’accepter la diversité qui caractérise le monde dans lequel ils vivent. Le manuel propose plusieurs exemples d’activités allant en ce sens.

Le site du Conseil de l’Europe a publié d’autres ressources et documents permettant d’approfondir cette réflexion.

 

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L’enseignement de la Shoah dans les écoles à travers le monde

Une étude intitulée The International Status of Education about the Holocaust : A Global Mapping of Textbooks and Curricula a été publiée par l’Unesco et l’Institut Georg-Eckert début 2015. Cette étude offre un panorama mondial de l’enseignement de la Shoah qui éclaire la compréhension historique de cet événement dans différents pays, comparant les manières dont ce thème est présenté dans les programmes et les manuels scolaires.

Destinée en priorité aux responsables des politiques éducatives et aux enseignants, cette étude s’inscrit dans une perspective interculturelle qui favorise la réflexion sur la construction et l’écriture de l’histoire. En effet, en soulignant des divergences dans la conceptualisation et l’interprétation des faits, le rapport montre comment l’histoire est parfois instrumentalisée voire déformée à des fins politiques. Des recommandations sont dès lors formulées pour l’élaboration de contenus sur ce sujet, dont la connaissance et la mémoire participent à la paix.

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Ressources pour l’histoire sur Réseau Canopé

Réseau Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogique du ministère français de l’Éducation nationale, propose de nombreuses ressources documentaires en ligne, multi-supports et accessibles gratuitement, avec des exemples de scénarios pédagogiques pour les exploiter en classe.

Parmi ces ressources, les enseignants d’histoire trouveront une plateforme consacrée à Jean Jaurès, éclairant le parcours de cette figure à travers deux films documentaires. Un autre site, réalisé en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, permet de consulter des témoignages photographiques qui documentent le camp d’Auschwitz pendant la seconde guerre mondiale, ainsi qu’un webdocumentaire incluant le témoignage vidéo d’une survivante, Lili Jacob. Enfin, le projet D-Day, l’Odyssée invite à porter un nouveau regard sur le débarquement allié en Normandie en juin 1944 à partir de ressources exclusives (film, jeu documentaire, textes, photos et vidéos) liées à l’opération Neptune, le volet maritime du débarquement, et à l’expédition archéologique et technique qui a permis la cartographie des épaves en baie de Seine.

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Pourquoi enseigner l'histoire ?

La Revue internationale d'éducation de Sèvres est une revue spécialisée dans le champ de l'éducation et de la formation à travers le monde. Elle est éditée par le Centre international d'études pédagogiques (CIEP) et rassemble, autour d’un dossier thématique, des contributions issues de la recherche internationale. Le n° 69, paru en septembre 2015 et coordonné par Jean-Clément Martin, est consacré à l'enseignement du l'histoire.

Ce numéro propose une approche comparée de l’enseignement de l’histoire à travers dix études de cas : Afrique du Sud, Allemagne, Canada, Colombie, France, Italie, Japon, Maroc, Russie et Vietnam. Quels sont les objectifs assignés à cette discipline dans ces différents pays ? Quelles méthodes et quels contenus sont privilégiés ?

Si le rapport à la mémoire et au récit national ou communautaire apparaît partout comme une question centrale, des différences se dessinent entre deux orientations méthodologiques : l’une tend à privilégier le discours national, l’autre vise à mettre en évidence l'approche critique.

C’est peut-être la définition même de l'histoire qui est en jeu : qui détient les clés de son écriture ? Les porteurs de mémoire ? Les politiques ? Pourquoi le niveau supranational n'apparaît-il que rarement dans les articles ? Comment s’explique le désintérêt des élèves et des étudiants pour cet enseignement, que relèvent les auteurs ?

À lire les contributions, il semble que l'on soit partout à la recherche de l’utilité de cet enseignement spécifique, au croisement des préoccupations scientifiques, des besoins sociaux et des urgences du vivre ensemble.

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Sitographie pour l’enseignement de l’histoire

Cette sitographie, réalisée par Sophie Condat, documentaliste au CIEP, présente une sélection de ressources pédagogiques utiles pour l’enseignement de l’histoire, qui s’inscrivent dans le cadre des programmes français d’enseignement. Les ressources, choisies pour leur fiabilité et leur mise à jour régulière, sont organisées en rubriques : portails de ressources, associations d’enseignants, outils, revues en ligne, etc.

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Le manuel franco-allemand d'histoire

Tristan Lecoq, inspecteur général de l’Éducation nationale (histoire-géographie) et professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris Sorbonne revient dans cet entretien sur la publication du manuel franco-allemand d’histoire, réalisation unique en son genre, symbole avant tout de l’amitié franco-allemande.
La publication du manuel franco-allemand d’histoire est une illustration du caractère insubmersible de la relation franco-allemande, qui est bien, depuis soixante ans, et même si cela n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, une constante de notre vie politique en Europe.
 
Rappelons qu’il s’agit ici d’une réalisation unique en son genre – un manuel non pas d’histoire franco-allemande mais franco-allemand d’histoire –  qui a dû surmonter bien des difficultés.

François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun en 1984
 
Le mot même de manuel posait problème du côté allemand en ce qu’il évoquait par trop le caractère magistral de l’enseignement tel qu’il est encore pratiqué bien souvent en France. En Allemagne, les élèves travaillent davantage en autonomie – on pourrait dire qu’il s’agit là d’un enseignement plus "libéral" au sens tocquevillien du terme – et les manuels ressemblent souvent à des compilations exigeantes de références. Quelquefois arides, volumineux, d’une grande complexité, ils contiennent essentiellement des textes et sont en cela à l’image d’un enseignement secondaire qui se veut élitiste.

La première difficulté portait donc sur l’objet même de "manuel" à la française. Si en France, les professeurs venant aussi bien de l’université que des classes préparatoires ou du secondaire participent volontiers à sa conception, on peut remarquer que ce type d’objet soulève d’ailleurs en Allemagne nettement plus de réticences de la part des auteurs potentiels.

La question du choix de la méthode didactique, de la pédagogie se posait ensuite, logiquement. Quel type de cours proposer ? Fallait-il traiter d’histoire et de géographie, comme en France – sachant qu’en Allemagne, la géographie est liée aux sciences de la terre ? L’histoire tient en outre en France une place tout à fait singulière dans les programmes, l’épreuve d’histoire-géographie et d’éducation civique y joue un rôle emblématique, quel que soit le niveau de scolarité¹.

Les différences entre systèmes éducatifs pouvaient être également à l’origine de tensions. Alors qu’en France, le système est centralisé, depuis 1808 et la prise de contrôle de l’Éducation par l’État, et même si la déconcentration dans les académies est maintenant une réalité, en Allemagne, la politique éducative est l’affaire des Länder. Il n’existe pas vraiment de programmes nationaux ou de "documents d’accompagnement" comme en France. On enseigne différemment à Brême, Hambourg, Berlin ou Coblence. Partant de là, sur quels programmes s’appuyer ?

"On enseigne différemment à Brême, Hambourg, Berlin ou Coblence."
Enfin, les divergences de vision quant à l’histoire elle-même constituaient le dernier obstacle. Le manuel de première a suscité en cela davantage de débats que celui de terminale. Les débats ont porté notamment sur la période coloniale, la montée des extrêmes entre les deux guerres, ou la perception du communisme. Dans le manuel, les encadrés intitulés "Regards croisés" se font d’ailleurs l’écho de ces discussions.

Pour le manuel de terminale – qui a été conçu en premier, au moment du déclenchement de la guerre en Irak, c’est-à-dire dans un contexte international chargé – les différences de vision sur le rôle et la place des États-Unis dans le monde ont constitué le principal point d’achoppement, les Allemands leur étant naturellement plus favorables en raison de l’ancrage à l’ouest (Westbindung) qui caractérise leur politique étrangère.

Ce manuel a été enfin l’occasion pour les Allemands eux-mêmes de s’interroger sur l’écriture de leur propre histoire récente, celle qui débute dans les années quatre-vingt-dix. Il s’agissait de créer en quelque sorte une "nouvelle histoire allemande". Les riches échanges qui ont eu lieu alors ont contribué indirectement au rapprochement des visions de l’histoire allemande.


Une double page du manuel de terminale

La partie est-elle gagnée ?

 
Ce projet de publication a pu aboutir du fait de la volonté politique qui s’est déployée pendant cette période en France et en Allemagne. La partie est-elle gagnée pour autant ? Je pense qu’il faut poser nettement la question. Si le manuel de terminale s’est diffusé très correctement, le manuel de première l’est moins. De plus, la question du manuel franco-allemand de seconde dépend de la réforme générale des programmes de seconde.

Les sections européennes se servent manifestement du manuel, dans le cadre de la préparation de l’Abibac notamment. Mais le manuel de première ne correspond pas exactement au programme allemand… Peut-être ce manuel n’est-il pas suffisamment connu ? Le contexte linguistique n’est pas non plus favorable, on le sait.

Le symbole

Je souhaite insister néanmoins sur la valeur symbolique de cette initiative. Il faut se souvenir que la première guerre mondiale par exemple a été terrible sur le plan humain en France et en Allemagne. Des générations entières ont été détruites. À la fin de la guerre, c’en était fini de l’Europe !

Un album de Jacques Tardi

La France et l’Allemagne montrent ainsi l’exemple et créent un précédent. Ce manuel existe en tant qu’objet concret de l’amitié franco-allemande. Ce projet éditorial a remis à sa façon l’humanité au premier plan. Il a permis de développer une vision non antagoniste des pays en présence, une vision acceptable, apaisée, dépassionnée du passé.
"Ce manuel existe en tant qu’objet concret de l’amitié franco-allemande."
Verra-t-on un jour la publication d’un manuel russo ou germano-polonais, tchéco-slovaque, franco-roumain ou franco-algérien ? Toutes les conditions ne sont jamais vraiment totalement réunies pour ce type de travail en commun. Pour que ça marche, il faut s’appuyer avant tout sur la jeunesse (la demande peut venir de là, comme ça a été le cas pour le manuel franco-allemand), les politiques (pas de projet de ce type sans volonté politique) et les historiens (le travail de rapprochement qu’ils peuvent opérer est déterminant²).
 
(Entretien réalisé à Sèvres le 18/12/08)
 
Notes

1. En France, le pilotage du système se fait par les examens. L’épreuve d’histoire y tient une part essentielle en ce qu’elle est présente à presque tous les niveaux de scolarité. Les sujets d’histoire du baccalauréat professionnel et du BEP sont particulièrement révélateurs de la place qu’occupe cette discipline dans l’imaginaire collectif.
2. Pour la France et l’Algérie, on pense notamment aux travaux de Benjamin Stora. La gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, publié en 1991, a marqué les esprits. Plus récemment (2005), il a coordonné avec Mohammed Harbi un ouvrage sur la guerre d’Algérie rassemblant les contributions d’historiens français et algériens. Dans son dernier livre, Les guerres sans fin (2008), il revient sur son parcours et sur la concurrence ou communautarisation des mémoires, quand l’enjeu n’est plus de comprendre mais "d’avoir eu raison dans le passé".

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